Les 4 Pensées Fondamentales

Philippe Delneufcourt

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crédit image: White Yak

Les quatre pensées fondamentales du bouddhisme sont quatre objets de méditation qui invitent à percevoir l’importance d’évoluer et de se remettre en question maintenant. De ne pas dépenser son temps ou son énergie à des activités futiles si l’on a la capacité intellectuelle pour faire autre chose. Il est bon de préciser que se détendre, ne rien faire pendant un moment ou tout simplement se faire plaisir n’est pas considéré comme une activité futile tant qu’elle est un outil de ressourcement ou de repos et pas uniquement une manière de fuir la réalité.

Le principe est donc de méditer sur 4 points, l’un après l’autre, jusqu’à ce que l’évidence apparaisse : c’est maintenant ! Que vous croyiez en d’autres vies ou pas ne change rien. Si vous pensez qu’il y a effectivement plusieurs vies successives alors vous comprendrez l’intérêt de profiter de celle-ci pour préparer la suivante. Si vous pensez que vous n’avez qu’une seule vie et qu’il n’y a plus rien après, c’est alors un choix personnel de profiter de chaque instant pour évoluer ou juste pour se faire du bien.

J’aime rappeler que, contrairement à l’hindouisme, le bouddhisme ne parle pas de “réincarnation” mais de “changement de forme”. Comme un nuage se transforme en pluie, puis en lac. La forme change, mais c’est toujours de l’eau. Quand on dit qu’un moine se réincarne, cela ne signifie donc pas qu’il revient et entre “dans” le corps d’un nouveau né. Cela signifie qu’il change de forme et qu’il devient un nouveau né. Différence subtile mais profonde…

Cet article s’adresse donc aux lecteurs intéressés par les enseignements tibétains et ouverts à une vision plus large de la vie, non limitée à leur naissance et leur mort personnelle.

1. Méditer sur le corps

Le corps que nous avons pour l’instant est un cadeau. Il n’est pas certain que toutes les conditions que nous connaissons dans cette vie-ci se reproduisent dans une autre. Si ces conditions nous permettent de remettre en question notre perception de la réalité alors il faut en profiter. Il y a des milliards d’être vivants sur cette planète, mais seulement quelques millions qui profitent vraiment de leurs conditions de vie avantageuses pour faire autre chose que de s’enrichir, d’obtenir plus de pouvoir, ou de se contenter d’assurer leur descendance.

Ce corps ne doit pas obligatoirement être parfait ou en bonne santé. Nombre de personnes témoignent que suite à un accident ou une maladie ils ont fait des prises de conscience fabuleuses concernant leur vie, leur identifié, le sens de tout ceci. Prendre conscience du cadeau d’avoir un corps permettant d’évoluer est la première pensée fondamentale.

2. Méditer sur l’impermanence

Ce corps va disparaître. C’est indéniable. Chaque instant apparaît et disparait aussi vite. L’instant où vous avez commencé cet article n’existe plus. Donc au-delà de profiter du fait d’être dans de bonnes conditions, prendre conscience que tout peut s’arrêter d’un moment à l’autre est aussi une invitation à en profiter tout de suite. Avez-vous déjà rencontré des gens qui disaient “Quand je serai pensionné…” et qui décèdent la première année de leur pension ?

Dernières volontés d’Alexandre Le Grand qui demanda que ses mains sortent de son futur cercueil : “Je veux que mes mains se balancent au vent pour que les gens puissent voir que les mains vides nous arrivons dans ce monde et les mains vides nous en repartons quand s’épuise pour nous le trésor le plus précieux de tous : le temps. Une fois notre expérience terrestre terminée nous repartons comme nous sommes venus, les biens matériels accumulés ne nous sont plus utiles. Seules les expériences que nous avons menées nous aident à évoluer.

Vous ne savez pas si vous allez vous réveiller demain matin. C’est difficile à accepter pour certains, mais c’est la réalité. Profiter de chaque instant disponible avant qu’il ne soit trop tard est la deuxième pensée.

3. Méditer sur le karma

Le karma est tout simplement l’idée que toute action a des conséquences (karma signifie action), et que toute conséquence crée une action. En simple, tout, absolument tout ce que vous vivez aujourd’hui est le résultat de quelque chose qui s’est passé avant. Si vous avez planté une graine de pommier, vous avez constaté que l’arbre qui a poussé donne… des pommes. Toute action a donc des conséquences.

Il n’y a pas de petites actions. Une allumette peut brûler une forêt entière, une goutte d’eau peut faire déborder un vase, une graine peut donner un arbre. Chaque chose que vous faites, à chaque seconde, peut changer le cours de votre vie.

Réaliser que tout ce que nous vivons maintenant est la conséquence d’un acte passé permet de comprendre l’évidence que toute acte posé aujourd’hui aura des conséquences dans le futur. Si je passe une heure à méditer, les conséquences sue ma vie ne seront pas les mêmes que si je passe une heure à boire de l’alcool. Prendre conscience que le plus insignifiant de vos actes va influencer votre avenir est la troisième pensée.

4. Méditer sur le Samsara

Le samsara, c’est la roue de la vie qui représente les cycles de renaissances conditionnées. “Cycles” parce que rien ne s’arrête. Et ça, cela n’a rien de bouddhiste :  “Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme” [Lavoisier]. “Conditionnées” parce que les conditions présentes dépendent de ce qui s’est passé dans une vie précédente.

J’aime beaucoup l’image du samsara comme une bouteille à l’intérieur de laquelle nous volons telles des mouches qui montent et qui descendent sans jamais trouver la sortie. Le haut étant plus agréable que le bas. Si l’on pose des actes vertueux on monte, sinon on descend. La seule issue étant de sortir, bien sûr… C’est ce qu’on appelle la liberté.

“De même que l’océan n’a qu’une seule saveur, la saveur du sel, ainsi cet enseignement n’a qu’une seule saveur, la saveur de la liberté.” [Bouddha]

Méditer sur le samsara est donc une invitation à réaliser que tant que nous ne remettons pas en question notre perception de la réalité, nous resterons bloqués dans cette bouteille. Et que se contenter d’améliorer notre santé, notre statut social ou nos conditions de vie n’est pas suffisant pour en sortir. C’est la quatrième pensée.


Source: https://phid.be

Avis. Les textes publiés sur ce blogue le sont à titre informatif. Votre discernement doit prévaloir en tout temps.

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