Sans l’ombre d’un doute — François Matton

 

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crédit image: Coco Papaya

ZAZEN 

Quand j’ai découvert le zen j’étais un peu paumé, je sentais que ma vie allait se poursuivre en me laissant frustré d’un je ne sais quoi qui me semblait essentiel à découvrir. En lisant un premier livre, je suis tombé tout de suite sur une mise en garde : « Tout ce que vous lirez sur le zen ne sera d’aucune utilité, ça ne fera que vous exaspérer. Ce serait comme de vouloir se soulager d’une démangeaison au pied en se grattant à travers la semelle de votre chaussure. Il n’y a qu’une façon de comprendre le zen, c’est de l’expérimenter vous-même par tout votre corps. Le zen, c’est zazen. Se tenir immobile face au mur blanc, les yeux mi-clos, et voir ce qui se passe quand vous n’êtes qu’écoute, sans attente de rien, laissant s’éveiller une attention sans intention. Toute attente d’une expérience, d’un état, d’une libération, d’un soulagement quelconque rendra impure votre méditation, vous passerez à côté de ce qu’elle peut vous révéler si vous n’attendez rien. »

Le pratique du zen n’est donc pas un moyen pour atteindre un bonheur à la noix, ce n’est pas la clé de l’épanouissement, ni toutes ces conneries pour être cool ainsi que la pub et les médias nous le vende. Zazen, c’est la rencontre avec soi. En un premier temps, c’est l’observation silencieuse de tout le boxon intérieur. L’accepter, voir qu’il nous rend fou, sourd et aveugle, qu’il nous retire tout disponibilité à l’instant. Accepter de voir les nœuds et les fixations, toute notre névrose, tous nos films et scénarios ineptes. Avec zazen on se redresse courageusement pour voir tout ça en face. On ne se défile plus, on ne détourne pas le regard, on ne compense plus. On prend tout dans la gueule. C’est une épreuve, une ascèse. Pourtant ce n’est pas non plus une mortification. Mais il faut en passer par l’observation de notre souffrance intérieure, par le constat du manque existentiel autour duquel tourne nos vies. Après quoi seulement, et à condition de ne rien vouloir y changer, les choses se décantent progressivement d’elles-mêmes, à leur rythme – ça peut être très long, des années et des années.


Avis. Les textes publiés sur ce blog le sont à titre informatif. Votre discernement doit prévaloir en tout temps.

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